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CANONS ROMPUS n°2

Le numéro 2 vient de sortir !

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Voici l’édito :

Alors que l’immense mouvement contre la guerre que nous appelions de nos vœux dans le numéro 1 de Canons Rompus se fait toujours attendre, la guerre, elle, bat son plein en Irak et en Syrie. Pourtant, au beau milieu des bombes, on nous parle déjà de reconstruction des quartiers « libérés » de Mossoul ou de Homs. C’est qu’au delà des enjeux diplomatiques, il s’agit déjà de prendre de nouveaux marchés. Après l’intervention américaine en 2003, la ministre française du commerce avait qualifié le champ de ruine qu’était devenu l’Irak de « plus grand marché solvable de reconstruction au monde », et s’était « félicitée » que de grandes entreprises françaises comme Thalès ou Lafarge y participent (Le Parisien, 12/10/2013). Alors en attendant que les États européens aillent généreusement reconstruire une fois de plus le Moyen-Orient, nous vous proposons dans ce numéro :
· un point sur ce qu’ils sont encore en train de détruire en Irak et en Syrie ;
∙ une petite analyse du discours du chef d’état-major des armées qui, étonnamment, en appelle à « l’effort de guerre » ;
∙ un article qui revient sur les centres d’accueil et d’orientation, un des nombreux dispositifs de gestion des exilé.e.s en France ;
∙ et pour finir – 2017 oblige – un retour historique sur la révolution russe qui commença par… un immense mouvement contre la guerre.
En vous souhaitant bonne lecture, on vous rappelle que notre équipe de rédaction a hâte de lire vos nombreuses propositions de contributions. Vous pouvez les envoyer à :
acanonsrompus@riseup.net


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La guerre entre le Tigre et l’Euphrate

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Mossoul : destruction et victimes civiles
Lorsque l’on entend parler de la bataille de Mossoul, dans la presse ou à la radio, c’est en général pour évoquer la chute « imminente » de la ville, ou alors pour montrer que « la vie reprend ses droits dans la ville libérée ». Pourtant, la guerre y fait toujours rage, et à l’ordre sans doute terrible qui régnait sous le joug de l’État islamique ont succédé les horreurs de la guerre moderne.
La ville est traversée du nord-ouest au sud-est par le fleuve Tigre. De novembre à janvier, une « coalition » hétéroclite a laborieusement conquis tous les quartiers est. Cette coalition était grossièrement structurée autour de deux pôles : d’une part, les armées irakienne et américaine, et d’autre part les peshmergas du GRK (1) et leurs alliés turcs. Le 16 novembre, Massoud Barzani, le président du GRK, a annoncé que ses forces stoppaient leur progression au niveau des faubourgs nord de Mossoul, mais qu’elles « ne se retireraient pas des territoires conquis ». Cette annexion a suscité la colère du gouvernement « légitime » irakien de Haider Al-Abadi, sans autre conséquence pour le moment. Continuer à lire … « La guerre entre le Tigre et l’Euphrate »

1917 : une révolution contre la guerre

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la manifestation du 23 février 1917

Il y a un siècle exactement, en mars 1917, débutait la révolution russe.
Cette révolution, menée avant tout par les paysans, ouvriers et soldats, a déclenché une vague révolutionnaire à l’échelle du monde entier, et entretenu les espoirs du prolétariat pour des décennies…
Nous voulons insister sur le rôle joué par la guerre dans l’aggravation insupportable des conditions de vie et la montée de la colère en Russie ; sur celui joué par les soldats dans le déclenchement et la poursuite de la révolution ; et sur l’importance de la question de la paix, dès les premières manifestations de rue.


Une guerre de plus en plus insupportable

Dans le premier numéro de Canons Rompus, nous avons vu que le déclenchement de la première guerre mondiale, à l’été 1914, suscite fort peu d’opposition, à l’exception de quelques « socialistes » de gauche, que bientôt on allait appeler « communistes ». Dans la Russie tsariste cependant, au contraire du Parti Socialiste-Révolutionnaire (S.-R.), le Parti Ouvrier Social-Démocrate de Russie (P.O.S.-D.R), malgré sa division depuis 1903 entre bolcheviks et mencheviks, adopte une position unanime et rejette la guerre.
Celle-ci éclate néanmoins, et ses débuts voient la Russie, qui a mobilisé 14 millions de soldats, connaître quelques succès, l’essentiel des forces allemandes se concentrant sur le front ouest. Mais très vite les défaites s’accumulent, l’armée allemande occupe la Pologne et la Lituanie dès 1915. On estime les pertes russes, sur l’ensemble de la guerre, à environ 1 800 000 morts et plus de 5 millions de blessés (sans compter les pertes civiles, difficiles à calculer mais qui sont estimées à 1 500 000). Continuer à lire … « 1917 : une révolution contre la guerre »

Les CAO : mise à l’écart, mensonges et contrainte

arton2077À cause de la guerre, ou du fait de la violence des rapports sociaux imposés par le système capitaliste mondialisé, des dizaines de milliers de personnes prennent chaque année la route de l’exil. Si elles ne meurent pas en mer ou aux frontières, elles parviennent jusqu’à l’Europe des camps, qui se décline à travers tout un tas de dispositifs, savant mélange de coercition et d’humanitaire. En voici un petit exemple avec la gestion des exilé.e.s de Calais.


En octobre 2016, alors que l’immense campement de Calais est expulsé sous couvert d’opération humanitaire, on entend parler d’un nouveau type de centre d’hébergement : les CAO, centre d’accueil et d’orientation. Leur fonction semble évidente : faire disparaître les exilé.e.s vivant sur le campement en les disséminant dans toute la France, de préférence à la campagne, et surtout loin de Calais.

La mise en place des CAO

La mise à l’écart des personnes exilées qui tentent de franchir la frontière avec l’Angleterre en passant par Calais avait en fait commencé avec la « jungle » elle-même. En 2015 la mairie de Calais décide de pousser ceux qu’elle appelle « les migrants » à l’extérieur du centre ville : elle vide les squats, leur interdit de fait l’accès aux équipements publics (piscine, bibliothèque) en exigeant pour y entrer des justificatifs d’identité et de domicile. En avril, les exilé.e.s sont finalement regroupé.e.s dans un seul lieu, à l’écart de la ville, de l’autre côté de la rocade. Continuer à lire … « Les CAO : mise à l’écart, mensonges et contrainte »

Non à la guerre, non à l’effort de guerre !

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tir de l’artillerie française sur Mossoul

Dans la famille de Villiers, certains connaissaient le père, Jacques de Villiers, un dirigeant de l’OAS (1) ; et tous ou presque connaissent hélas le frère, Philippe de Villiers, sinistre « souverainiste » jeanne-d’arcophile et puy-du-fouïen. Moins célèbre, Pierre de Villiers n’en est pas moins le plus haut gradé de l’armée française : c’est le chef d’état-major des Armées. Il a rompu le – plus ou moins – traditionnel silence de « la grande muette » en publiant une tribune dans le quotidien économique Les Échos, le 20 décembre 2016, qu’il a intitulée de manière toute orwellienne « Le prix de la paix, c’est l’effort de guerre ».

Qu’y apprend-on ? Que maintenant, c’est « la fin de l’insouciance ». Que notre faible nation doit non seulement faire face à la « violence barbare » du désormais fameux « phénomène du terrorisme islamiste radical », mais, bien pis peut-être, au « retour des États-puissances […] aux portes de l’Europe », comprendre : la Russie. Déjà, pendant tout l’automne et l’hiver il a fallu subir une propagande quotidienne qui désignait Poutine comme « le bourreau d’Alep », ce qui est certes vrai, mais que dire des aviations française, américaine, anglaise, qui bombardent Mossoul et Raqqa avec aussi peu de discernement (dernières « bavures » : le 22 mars, au moins 33 morts dans le bombardement d’une école à Raqqa ; le 25 mars, « plusieurs dizaines de civils » à Mossoul-ouest) ? Il ne saurait suffire de désigner un « monstre » pour être dédouané à bon compte…
En tous cas, cette « montée en tension » avec la Russie, orchestrée de part et d’autre, a vu le déploiement par l’OTAN de plusieurs brigades, notamment blindées, en Pologne et dans les pays baltes. Il reste quelques habitudes de la guerre froide. Continuer à lire … « Non à la guerre, non à l’effort de guerre ! »

Où trouver Canons Rompus ?

Cette liste est imprécise et indicative, les aléas de la diffusion « autonome » étant ce qu’ils sont. Si vous diffusez le journal, écrivez-nous pour nous dire où et comment !


Région parisienne :

au Rémouleur, 106, rue Victor Hugo, à Bagnolet.

au café-librairie Michèle Firk, 9, rue François Débergue, à Montreuil.

Ouest :

à Nantes, à B17, rue Paul Bellamy.

à la ZAD.

à Rennes (où ?)

Est :

à Bure…

Sud :

à Marseille (où ?)

à Ganges dans l’Hérault.

dans le Tarn : le Chinabulle, à Gaillac (il s’agit d’un café associatif). le Rabastikiosk à Rabastens.

à Toulouse : diffusé par le Kiosk qu’on peut retrouver les lundis à la Chapelle 36 rue Casanova.

au local CAMARADE, 54 boulevard Déodat de Séverac (métro Arènes ou Fontaine Lestang, bus 13 ou 34).

au Mas d’Azil en Ariège.

POUR LA CONSTITUTION D’UN MOUVEMENT CONTRE LA GUERRE

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La France est en guerre. On nous le répète depuis maintenant plus d’un an comme si c’était une nouveauté. Comme si la France n’était pas en guerre permanente — ou en « opérations » sur le sol africain et ailleurs — depuis la fin des guerres de décolonisation (voir notre « panorama » des opérations militaires de la France). La France est un des premiers États guerriers au monde, elle est présente militairement dans plus d’une vingtaine de pays, et se trouve depuis 2015 parmi les trois premiers exportateurs d’armement avec les États-Unis et la Russie. Airbus et les avions Rafale sont des spécialités françaises aussi fameuses que le Bordeaux ou le Champagne. On se les arrache chez les semeurs de mort. D’ailleurs, la guerre est la meilleure publicité pour les vendeurs d’armes : le Rafale se vend depuis le début des bombardements en Syrie alors qu’il restait dans les cartons depuis son lancement en 2000. Continuer à lire … « POUR LA CONSTITUTION D’UN MOUVEMENT CONTRE LA GUERRE »