La bataille de Mossoul, mise en scène de la guerre mondiale

Le 17 octobre 2016 a commencé officiellement la « bataille de Mossoul », bataille sur-médiatisée supposée en finir une fois pour toutes avec les « barbares de Daech ». Il s’agit en réalité du dernier développement offensif de l’opération Fatah (« conquête »), lancée fin mars dans toute la zone de Ninive.

Des forces armées du monde entier se sont massées autour de Mossoul pour participer à la curée. La plupart des estimations des forces « anti-EI » parlent d’environ 100 000 soldats au sol ! L’armée irakienne, la seule évoquée par la presse, est représentée par quatre divisions d’élites entraînées et équipées par les Américains, notamment la désormais célèbre « division d’or » ; en ajoutant les forces de police on arriverait à 30 000 soldats. Le reste des troupes est constitué en deux principaux blocs, dont l’objectif est le même. Coordonnés avec l’armée irakienne, on trouve d’abord des milices chiites qui se sont illustrées depuis près de quinze ans par leur violence et leur pillage des régions sunnites, des Kurdes iraniens, des milices assyriennes et chrétiennes locales, et très vraisemblablement des forces spéciales iraniennes. Au nord, l’offensive est menée par quelques milliers de peshmergas du Kurdistan irakien, des milices sunnites soutenues et entraînées par la Turquie, et au moins 2 000 soldats turcs. Pourtant, la Turquie n’a pas été invitée au massacre : le gouvernement de Bagdad a même exigé qu’elle quitte le territoire irakien, mais Erdoğan a refusé en évoquant les « droits historiques de la Turquie sur Mossoul » (sic). Ça promet… Enfin, on peut compter sur probablement 10 000 soldats d’élite de la « coalition » : 5 000 Américains et des Français (avec des hélicoptères et des Rafale), des Allemands, des Australiens… Face à cette concentration des meilleures troupes du monde, les estimations du Pentagone parlent de 5 000 « djihadistes » pour la défense de Mossoul…

De fait, toute l’affaire est entièrement sous le contrôle occidental (américain). Les bombardements sont massifs : Brett McGurk, l’envoyé spécial US auprès de la coalition, évoquait avec fierté après une semaine de bombardements « plus de raids aériens de la coalition que pendant toute autre période de sept jours dans la guerre contre l’EI » (AFP, 24/10/2016)… Il faut y ajouter les nombreux raids de l’aviation turque, et le pilonnage de son artillerie. Quant aux forces de l’EI, elles ont elles-mêmes incendié des dépôts de carburant et fait exploser des usines de soufre pour gêner les bombardements et la progression des troupes adverses, et massacré des otages comme elles l’avaient annoncé. La population civile de Mossoul sera évidemment la cible principale sinon unique de toute cette violence, et les mort.e.s se comptent déjà par centaines (estimations euphémiques). Il n’est pas inutile de rappeler que Ramadi et Falloujah, les deux précédentes villes « libérées », ont été entièrement dévastées par les combats.

Par ailleurs, les succès promis et interminablement répétés sur tous les médias peinent à être vérifiés : les combats semblent particulièrement durs, et l’on se bat pour chaque village. Ce n’est que le 1er novembre que les éléments avancés de la « division d’or » ont pénétré enfin dans Mossoul par l’est, pour y être immédiatement bloqués. Les autres fronts sont toujours distants de plusieurs dizaines de kilomètres de la ville.

En tous cas, une question n’est pas traitée dans la presse, et pour cause : c’est celle de l’avenir de Mossoul, et plus largement de l’Irak. L’offensive menée pour « sauver les Irakiens de l’injustice et de la tyrannie » l’est par un gouvernement notoirement inique et tyrannique, par des milices célèbres pour leurs exactions, par les forces armées des pays voisins (Turquie, Iran), et par les bombardements massifs des armées occidentales. Tous les belligérants profitent de la situation de faillite totale de l’état irakien pour pousser leurs propres pions. Cette pseudo-coalition hétéroclite ne peut amener que des divisions de toutes natures, base pour de nouveaux conflits toujours plus violents.

Le 17 octobre 2016 a commencé officiellement la « bataille de Mossoul », bataille sur-médiatisée supposée en finir une fois pour toutes avec les « barbares de Daech ». Il s’agit en réalité du dernier développement offensif de l’opération Fatah (« conquête »), lancée fin mars dans toute la zone de Ninive.

Des forces armées du monde entier se sont massées autour de Mossoul pour participer à la curée. La plupart des estimations des forces « anti-EI » parlent d’environ 100 000 soldats au sol ! L’armée irakienne, la seule évoquée par la presse, est représentée par quatre divisions d’élites entraînées et équipées par les Américains, notamment la désormais célèbre « division d’or » ; en ajoutant les forces de police on arriverait à 30 000 soldats. Le reste des troupes est constitué en deux principaux blocs, dont l’objectif est le même. Coordonnés avec l’armée irakienne, on trouve d’abord des milices chiites qui se sont illustrées depuis près de quinze ans par leur violence et leur pillage des régions sunnites, des Kurdes iraniens, des milices assyriennes et chrétiennes locales, et très vraisemblablement des forces spéciales iraniennes. Au nord, l’offensive est menée par quelques milliers de peshmergas du Kurdistan irakien, des milices sunnites soutenues et entraînées par la Turquie, et au moins 2 000 soldats turcs. Pourtant, la Turquie n’a pas été invitée au massacre : le gouvernement de Bagdad a même exigé qu’elle quitte le territoire irakien, mais Erdoğan a refusé en évoquant les « droits historiques de la Turquie sur Mossoul » (sic). Ça promet… Enfin, on peut compter sur probablement 10 000 soldats d’élite de la « coalition » : 5 000 Américains et des Français (avec des hélicoptères et des Rafale), des Allemands, des Australiens… Face à cette concentration des meilleures troupes du monde, les estimations du Pentagone parlent de 5 000 « djihadistes » pour la défense de Mossoul…

De fait, toute l’affaire est entièrement sous le contrôle occidental (américain). Les bombardements sont massifs : Brett McGurk, l’envoyé spécial US auprès de la coalition, évoquait avec fierté après une semaine de bombardements « plus de raids aériens de la coalition que pendant toute autre période de sept jours dans la guerre contre l’EI » (AFP, 24/10/2016)… Il faut y ajouter les nombreux raids de l’aviation turque, et le pilonnage de son artillerie. Quant aux forces de l’EI, elles ont elles-mêmes incendié des dépôts de carburant et fait exploser des usines de soufre pour gêner les bombardements et la progression des troupes adverses, et massacré des otages comme elles l’avaient annoncé. La population civile de Mossoul sera évidemment la cible principale sinon unique de toute cette violence, et les mort.e.s se comptent déjà par centaines (estimations euphémiques). Il n’est pas inutile de rappeler que Ramadi et Falloujah, les deux précédentes villes « libérées », ont été entièrement dévastées par les combats.

Par ailleurs, les succès promis et interminablement répétés sur tous les médias peinent à être vérifiés : les combats semblent particulièrement durs, et l’on se bat pour chaque village. Ce n’est que le 1er novembre que les éléments avancés de la « division d’or » ont pénétré enfin dans Mossoul par l’est, pour y être immédiatement bloqués. Les autres fronts sont toujours distants de plusieurs dizaines de kilomètres de la ville.

En tous cas, une question n’est pas traitée dans la presse, et pour cause : c’est celle de l’avenir de Mossoul, et plus largement de l’Irak. L’offensive menée pour « sauver les Irakiens de l’injustice et de la tyrannie » l’est par un gouvernement notoirement inique et tyrannique, par des milices célèbres pour leurs exactions, par les forces armées des pays voisins (Turquie, Iran), et par les bombardements massifs des armées occidentales. Tous les belligérants profitent de la situation de faillite totale de l’état irakien pour pousser leurs propres pions. Cette pseudo-coalition hétéroclite ne peut amener que des divisions de toutes natures, base pour de nouveaux conflits toujours plus violents.

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