LE G5 SAHEL : DES SUPPLÉTIFS POUR UNE ARMÉE D’OCCUPATION

Il y a 5 ans, en janvier 2012, le président Hollande déclenchait l’opération Serval (« le plus beau jour de ma vie politique », osera-t il commenter) : la France envoyait ses Rafale et débarquait ses troupes au Mali pour « stabiliser le régime » et « repousser les djihadistes ». Les militaires de Serval ont ensuite été intégrés à l’opération Barkhane, qui compte à présent environ 4 200 soldats. Prétextant que cette force d’occupation coûtait trop cher (800 millions par an environ), le président Macron, tout juste élu, a initié la « Force Conjointe – G5 Sahel », qui, au fait, ne remplace nullement Barkhane. Il s’agirait d’une force composée uniquement de soldats « locaux » de cinq pays (Mauritanie, Mali, Burkina-Faso, Niger et Tchad). Que ce soit, comme le titrait Le Figaro le 3 juillet 2017, « Macron [qui] lance une force militaire africaine contre les djihadistes » ne constitue sans doute pas une contradiction. Destinée à lutter contre les « djihadistes » donc, mais aussi les « trafics » (de drogue, d’armes), et, bien entendu, à contrôler les « flux migratoires », cette force conjointe ambitionne de compter 5 000 soldats voire 10 000 à terme. Problème : il n’y a pas d’argent ; qu’à cela ne tienne, le président Macron a rassemblé en décembre une grande réunion internationale pour lever des fonds. Si la France se contente pingrement de 8 millions d’euros, chacun des pays du G5S doit payer 10 millions, et l’UE accepte de donner 50 millions. Mais les généreux donateurs sont… les Émirats Arabes Unis (30 millions) et surtout l’Arabie Saoudite (100 millions). On en tirera les conclusions qu’on voudra sur les objectifs certainement démocratiques de l’opération. Non mandatée par l’ONU (qui s’est contentée d’en « saluer le déploiement »), la Force Conjointe peine cependant à se mettre en place, et à voler de ses propres ailes, puisque la seule opération guerrière, pour le moment, a été « soutenue » par 200 militaires français. Fin 2017, il y avait officiellement en ordre de marche 5 bataillons (un par pays) de 750 soldats, qui s’ajoutent donc aux Français de Barkhane, qui sont loin d’avoir plié bagage. Bref, cinq ans après, c’est la continuation de Serval, avec des moyens en moins : une logique coloniale qui s’appuie, pour ses opérations de police, sur ce qu’on appelait naguère des « forces supplétives ».

les communistent tombent et les devises montent grosz

3 réflexions sur « LE G5 SAHEL : DES SUPPLÉTIFS POUR UNE ARMÉE D’OCCUPATION »

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s